Journal d’un déténu mineur

Octobre 2009 – Olivier Soz, auteur du Journal d’un détenu mineur, se confie à TheBookEdition.com

Bonjour Olivier Soz. Quelques mots peut-être pour présenter qui vous êtes aujourd’hui, en comparaison à celui que vos étiez il y a 10 ans ?
Bonjour TheBookEdition. J’ai maintenant 27 ans. Je suis père de deux enfants (5 ans et 2 ans) et je vis en concubinage avec une femme qui d’après ma famille a fait de moi un homme honnête et sérieux.
Je suis agent d’assurance pour un grand groupe français et spécialisé dans la gestion de patrimoine.

A quel âge avez-vous entamé l’écriture de ce roman autobiographique ? et pourquoi ?
J’ai démarré ce roman à l’âge de 18 ans. Soit quelques mois après ma sortie. J’entends encore mes amis se moquer de moi lorsqu’ils me proposaient de sortir en boite et que je leur répondais « Je ne peux pas ce soir, j’écris un livre».

Au départ, deux facteurs m’ont poussé à écrire ce livre :
1) Le facteur thérapeutique car écrire cette aventure me faisait du bien. C’est un peu comme une consultation avec un psychiatre, en moins onéreux.
2) Raconter en détails à ma famille, mes amis, ce que j’ai vécu là-bas. C’était tellement plus simple d’écrire cette aventure plutôt que de la raconter oralement.

Au bout de quelques mois d’écriture, je commençais à me remettre psychologiquement de cette aventure et l’écriture me produisait l’effet inverse : je me faisais violence pour me forcer à me souvenir de tous ces détails que j’ai mal vécus. J’ai donc arrêté d’écrire pendant quelques années.

J’ai ensuite découvert les weblogs, j’ai alors pensé à diffuser ce que j’avais commencé à écrire pour voir les réactions des lecteurs.

J’ai reçu très rapidement des mails et commentaires très encourageants qui m’ont incité à continuer l’écriture.

La diffusion de mes écrits se faisait au compte goutte sur le blog et les internautes devenaient de plus en plus pressants pour connaître la suite. C’est grâce à eux que j’ai continué et terminé l’écriture du tome 1.

Le style est direct, un peu à la manière d’un reportage. Est-ce une façon de rendre ce récit plus accessible à tous ?
J’ai choisi le présent pour que le lecteur vive la détention. Le style utilisé est basé sur l’influence qu’ont sur moi les séries américaines à la mode : du suspense, des rebondissements. J’intègre également une once d’humour afin de distraire mon lecteur dans un roman qui aurait pu être très noir.

Si ce récit est accessible à tous c’est parce que je suis un écrivain amateur qui utilise les mots de la vie. Je ne souhaitais pas mentir en utilisant des mots ou expressions complexes de la langue française.

Quelle est la meilleure des choses qui vous soit arrivée pendant votre détention ?
Ma libération !

Il n’y a pas eu un seul moment où je me suis senti bien. Même s’il y avait parfois des bons moments (relations amicales, courriers émouvants, parloirs) les mauvaises prenaient rapidement le dessus dans mon esprit (conflits en cours, éloignement de ma famille, enfermement) . Rien n’est vraiment appréciable.

Votre jeunesse a-t-elle été un frein ou un plus à votre lancement en tant qu’auteur ?
Si l’on part du principe que lorsqu’on est jeune les nouvelles technologies sont plus abordables, cela a été un plus. Je n’aurais jamais abouti l’écriture de ce livre sans l’utilisation passionnée d’internet.

Aussi, ma passion pour l’informatique m’a permis de créer moi même mon site internet et la vidéo promotionnelle de mon livre.
Voir la vidéo promotionnelle du Journal d’un déténu

C’est dans un univers bien tristement réel que vous avez évolué. Mais pensez-vous que grâce aux nouvelles technologies (iphone, ebook, version électronique en plus de la version papier disponible sur TheBookedition.com), vous pourrez diffuser votre œuvre au plus grand nombre, pour éduquer et sensibiliser les jeunes ?
Sensibiliser les plus jeunes est devenu un de mes objectifs. Et ça fonctionne. Rien ne me fait plus plaisir que les mails de jeunes à peine majeurs qui m’expliquent que ça les a calmés et qu’ils réfléchiront maintenant à deux fois lorsqu’ils seront tentés de commettre un délit.

Bien que la prison soit actuellement au cœur des débats par rapport aux conditions de détention, l’image Prison-hôtel est encore présente dans l’imagination populaire.

J’aimerais aussi que des personnes influentes lisent mon livre. Que les politiques qui participent au débat et qui ont un pouvoir de décision le consultent.

Je l’ai envoyé à Michelle Alliot Marie et Rachida Dati. Je n’ai eu aucune réponse.

Pourquoi passer par TheBookEdition.com ? Par choix, par nécessité, en attendant Gallimard ?
TheBookEdition permet de créer un vrai livre papier pour n’importe quel auteur. J’ai trouvé le principe extraordinaire ! Les jeunes auteurs que nous sommes savent à quel point il est difficile de se faire éditer par une maison d’édition. C’est une réelle opportunité d’évaluer le potentiel de son livre. Ma stratégie est d’attendre que le nombre de ventes réalisées par TBE /mois soit élevé afin de proposer ensuite mon livre aux grandes maisons d’éditions en y joignant les statistiques.

Est-ce que vous regrettez ce qui vous est arrivé ? Pensez-vous que si vous vous retrouviez dans la même situation, les évènements évolueraient de manière semblable ?
Je regrette mon geste depuis la seconde qui a suivi les faits. C’était un acte impulsif que je n’explique toujours pas : Je suis le premier à me masquer les yeux devant des scènes sanglantes à la télévision. J’ai beaucoup changé, j’ai surtout canalisé mon coté impulsif.

Enfin, il est question d’un tome 2. Quelques mots pour nous faire patienter ?
Le tome 1 se termine à la libération. Il m’a semblé important d’écrire ce tome 2 pour montrer à quel point la prison, même pour une courte durée, change un homme : La prison est une école de la délinquance. Elle pousse souvent à la récidive et non à la réinsertion.

Le tome 2 est actuellement en cours d’écriture.

Découvrez des extraits du roman sur le blog de l’auteur : http://detenu-mineur.skyrock.com/
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